Affichage des articles dont le libellé est post-production. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est post-production. Afficher tous les articles

4 janvier 2017

Un making of pour 2017 !

À l'occasion de la nouvelle année et pour vous remercier de nous suivre depuis tout ce temps, nous aimerions vous offrir une visite dans les coulisses de la fabrication de Iâhmès et la Grande Dévoreuse. Ce making of a été réalisé par le talentueux Mathurin que nous remercions tout particulièrement pour ce beau travail ! Cela nous fait chaud au cœur de nous rappeler ces bons souvenirs passés avec la fabuleuse équipe qui a travaillé avec nous.

Nous espérons que ce film vous plaira !




 
Quelques mots écrit par Mathurin Audouin à propos de son documentaire :

"Lorsque l'on regarde un film d'animation, il est difficile d'imaginer les moyens humains et les enjeux techniques qui ont rythmé la production. Iâhmès et la Grande Dévoreuse et sa technique si particulière de "collagraphie" n'échappe malheureusement pas à cette règle.

Avant de penser à réaliser un making of sur ce court métrage, l'idée était de capter quelques images pour montrer la technique de Marine sur le blog "carnet de route" du film. Puis, de fil en aiguille, l'ambition a été de montrer la production de "Iâhmès" au plus près de l'équipe, sous la forme d'un making of plus intimiste que les standards inhérents à ce format.

Le tournage des images a duré six mois afin de montrer toutes les étapes du film (fabrication des images, enregistrement voix, tournage, bruitage, enregistrement de la musique, montage et mixage son) pour un total de 650 Go de rushs... Cela a nécessite un travail de dérushage et de montage titanesque mené par Anne De Chacaton sur une durée de 4 mois. Le making of dure 30 minutes, pour raconter une aventure qui a duré quatre ans."





Ce début d'année est l'occasion d'un petit bilan; Iâhmès a commencé sa vie en festival, un peu partout sur le globe et récemment en France. Il fait également partie de la sélection officielle des César 2017 et nous attendons avec impatience la fin du mois de janvier pour savoir s'il sera dans les 4 finalistes !

Nous espérons que 2017 sonnera aussi l'heure de sa première diffusion télévisée dans l'émission Histoires Courtes sur France 2 ! Si vous ne l'aviez pas déjà bien compris lors de la production du film, l'animation est bien une affaire de patience ;-)

Belle année 2017 !

5 avril 2016

1, 2, 3, musique !

En 2013 déjà, pour nos premiers tests d'animation, nous avions travaillé avec le compositeur et créateur sonore Yan Volsy. Ses recherches d'ambiances et les premières notes de flûtes nous avaient beaucoup plu et c'est donc avec impatience que nous attendions de reprendre le travail commencé avec lui.

C'est du haut de son nid d'aigle à Montreuil qu'il pose les premières notes synthétiques du film. Il pianote sur un clavier magique pouvant jouer de n'importe quel instrument, ce qui est bien pratique pour proposer un large choix de sons à deux pauvres néophytes !

La maquette qu'il a composé nous a permis de différencier les passages que nous voulions accompagner musicalement d'autres sur lesquels nous préférions jouer avec les bruitages et les ambiances.
En posant les bases, des mélodies, des rythmes et par le choix des instruments, Yan a apporté de nouvelles émotions, donné une teinte sonore à notre histoire.

Quelques semaines plus tard, rendez-vous toujours à Montreuil au studio "One Two Pass It" pour enregistrer de vrais instruments ! Le créatif et touche à tout Pablo Pico, musicien percussionniste hors pairs se joint à l'équipe. Yan dirige l'enregistrement et met entre les mains de Pablo tout ce sur quoi on peut taper : tambours, batteries et même... des haricots des Philippines ! Nous cherchions un vrai métissage d'instruments pour ne pas ancrer l'histoire sur un continent précis.
À titre d'exemples les percussions utilisées comme les grelots et le shekere viennent d'Afrique, les griffes de chèvres d'Amérique du Sud, le Tombak d'Iran, et le rik de Turquie (il y en aurait bien d'autres à nommer, nous n'avons pas tout retenu !)

Ensemble ils ajustent les sonorités et les rythmiques, enrichissent la gamme des sons et par là même notre vocabulaire: "Le côté dead mat....tu veux un truc plus bright ? Oui, ça vient casser le côté brillant... je veux du fla... est-ce qu'il y a un déplacement d'air là ? Matte moi la prise moins jazz steup."

Pour rajouter quelques frissons à l'ensemble, la chanteuse Caroline Faber pose sa voix sur le film. Elle nous envoûte complètement. Au moins la voix, ça c'est un instrument universel !

Enregistrement au studio One Two Pass It avec Lucas Ramos aux commandes.
Yan et Pablo aux percus !

14 mars 2016

Séance de bruitage

 Fin janvier nous avions rendez-vous à Aubervilliers à l'auditorium d'enregistrement Yellow Cab.

L'auditorium est immense, plusieurs types de sols au centre de la pièces se succèdent (planchers, carrelages, linos) des fausses portes, des serrures, des fenêtres factices, des portières de voitures sont fixées aux murs. Il y a même une fausse cuisine, un bac à sable, des plantes, un bassin d'eau...
 
Auditorium de bruitages Yellow Cab


À notre arrivée, Daniel Gries -bruiteur de profession- a déjà déchargé sa camionnettes; des dizaines de valises pleines de bric-à-brac, des mallettes de toutes les formes et des objets de toutes les couleurs. Bref des trésors sonores à regarder... avec les oreilles. Car vous n'avez pas idée de tout ce que l'on peut produire comme son avec un plat de cuisson genre tajine ou une natte en paille.


Le film est projeté sur grand écran. Défile les mesures sous l'image; de précieux repères pour caler les bruitages.


Habillé de sa tenue insonore (tel un yoghi), Daniel regarde, cherche, tend l'oreille pour trouver LE son de chaussure qui sonne bien, LE tissus qui frotte en douceur, LE sol qui résonne chaleureusement. Aussi, pour bruiter un bateau à l'écran il plonge des tongs dans l'eau, pour donner vie aux oiseaux il secoue des taies d'oreillers, des parapluies, des soutiens-gorges. Pour bruiter la dévoreuse, quoi de mieux qu'une paires de gants de boxes sur un canapé, ou quelques bobines de bandes magnétiques secouées ? Il faut trouver le bon objet dans la bonne valise à la manière d'une Marie Poppins, et dans un temps très court ! Nous n'avons qu'une journée pour tout bruiter.


L'ingénieur son Matthieu Langlet qui s'occupe de l'enregistrement est à la tête d'une console gigantesque. Il peut moduler la sonorité de la pièce, donner plus ou moins de résonance en activant la mise en place de rideaux ou de panneaux résonnants en quelques clics.

Ainsi nous avons pu rendre avec précision la sonorité des lieux du film. L'ambiance tamisée de auditorium confère à cette recherche une sorte de... sérénité.

Om Shanti à tous !


11 janvier 2016

Le compositing (vu par Marine)

De retour à Paris pour un mois de post-prod. Nous nous remettons du tournage et des bûches de noël.

Le compositing, alors, dites, qu'est ce que c'est ?

En gros, imaginez trois jeunes hommes dans leur vaisseau spatial au studio Manuel Cam à Asnières. Ils sont entourés d'écrans d'ordinateurs et ils pianotent sur leurs claviers, bidouillent sur leurs cintiqs tout en écoutant des chants papous, inuits ou du Barber shop. Parfois, l'un crie : "Faut que tu passes en mode d'actions universelles !!! Et mets toi bien court sur la focale !"
Cette communauté a développé son propre langage, ils s'échangent des conseils à base de mots étranges : "T'as changé la couleur de l'ALPHA? Et si tu le colles et que tu le flouttes ? "; et un autre répond : "Mais l'ALPHA c'est l'intérieur, pas l'extérieur !"

Des fois ils s'échangent des fichiers, et reprennent le travail d'un autre, alors ça balance : "Touche pas à mon TRÉKING, vaut mieux bouger la caméra sur la première clé." À quoi on lui répond "Je veux localiser une fréquence, y'a trop d’IRISATIONS quand y'a plus de gains ! Pomme clic sur le 0000 mais pas pomme K. Ça devrait marcher""
 
Bref, pour résumer, "PROXI c'est du TRASH LEGER si tu fais du K2ZLT... ça passera pas !".
J'ai rien compris.

Sylvain se casse la tête sur nos perspectives douteuses.
Lumière divine

(En vrai Sylvain, Philippe et Romain travaillent sur le "compositing" du film, moment clé de la post-prod car le rendu final de l'image est entre leurs mains ! Ils assemblent tous les éléments que nous avons tourné à Toulouse (décors et personnages) et ajoutent par dessus les "effets spéciaux" : la météo, les mouvements caméra etc. tout en retravaillant certains détails. C'est là qu'on voit tous les problèmes et qu'on les résout surtout !)