19 juin 2015

Impressions Parisiennes

Marine a commencé les impressions des décors du film à Lyon, à l'atelier Vermillon mais lors d'un passage à Paris le mois dernier elle en a profité pour tirer quelques décors dans son ancien atelier.

Laissez-nous vous présenter son favori, l'atelier associatif de gravure ETR Balistic à Arcueil en région parisienne. Elle a travaillé là-bas trois ans sur ses projets éditoriaux et c'est là que les images du teaser de Iâhmès et la Grande Dévoreuse ont vu le jour en 2013.
L'atelier Balistic est aussi un musée, alors n'hésitez pas à le visiter si vous êtes dans le coin (ou à défaut visitez leur page facebook) la chef d'atelier y fait un travail remarquable, notamment avec les enfants du quartier.


L'impression des plaques est un travail délicat comme nous l'expliquions la dans la dernière note. Les images, faites de superpositions d'adhésifs, ont des reliefs et il faut faire attention à ne pas les décoller quand on "frotte" l'encre sur la plaque au moment de l'encrage.
C'est une tâche assez longue et répétitive, c'est donc toujours mieux de réussir l'impression du premier coup. Pour les bras de Marine déjà, et puis aussi pour les plaques qui ne peuvent passer sous presse que deux ou trois fois maximum, étant donné la forte pression exercée par le rouleau qui aplatit les adhésifs à chaque passage.

Encrage
Découverte de l'impression
Impression terminée

Ci-dessus la gravure (dit aussi "estampe") est tirée. On peut voir la plaque encrée sur le plateau de la grande presse et le tirage sur le lange celle-ci. L'estampe va retrouver ses copains dans le cartonnier et sécher quelques jours, car le papier a été mouillé avant l'impression pour l'assouplir et lui permettre de bien rentrer dans les creux de la plaque.






13 mai 2015

Le printemps

Pour fêter le printemps, une petite note légère ! Marine se lance dans les décors champêtres. Les décors de la ville sont derrière nous et les fleurs poussent, les arbres bourgeonnent...Ça avance tout doucement.



Dessiner (ou plutôt découper) un arbre donne parfois des tendinites. Marine n'en est pas à sa première. Heureusement l'histoire ne se passe pas en Amazonie ! Quelques papyrus et deux ou trois palmiers nains sont déjà suffisants...




Maintenant il faut imprimer toutes ces plantes. L'impression est toujours une étape stressante car pleine de risques et de surprises... ce sera le sujet d'une prochaine note courant mai, promis.



En attendant d'imprimer, nous pouvons vous montrer d'autres plantes que Marine a gravé sur du métal il y a quelques années. C'était le sujet de son premier album jeunesse, Trois petits pois, édité aux éditions du Rouergue en 2012 et publié depuis en Corée et aux USA. Un voyage au ras du sol dans un vaste jardin, une amitié pleine de rebondissements pour les petits de 1 à 4 ans.

L'album a été entièrement réalisé en gravure sur zinc, à partir de la technique de "l'eau forte" revisitée à sa sauce "au scotch". Grosso modo des plaques de métal recouvertes de motifs en adhésifs sont plongées dans de l'acide nitrique, puis mordues par ce dernier. En résulte des sortes de bas-reliefs en métal que l'on imprime ensuite à la main, sur une presse de gravure. La matrice en métal est réimprimée un grand nombre de fois.


Matrice en métal de l'illustration au dessus.


Pour le film, Marine a gardé sa technique, en enlevant l'étape du bain d'acide et en changeant de matière première, dans un souci de temps (l'eau forte sur métal est un processus très long) et de moyens (200 kilos de métal pour faire tout le film, non merci).

Avec ses collages sur plexiglas, ses collagraphies, Marine arrive à obtenir un rendu assez proche de ses estampes à l'eau forte. Seule différence : les matériaux sont très fragiles et ne supportent qu'un ou deux passages sous presse avant de se décoller ou de s’aplatir. 
On peut parler de matrices éphémères.

Voilà pourquoi pour les collagraphies il ne faut pas rater l'impression, on risque de détruire les plaques et des journées de boulot !





28 avril 2015

"Bientôt" à la télé

Notre court métrage est soutenu par France Télévisions !
Il sera programmé sur France 2 dans l'émission Histoires Courtes grâce à Christophe Taudière, chargé des programmes courts.
C'est une troisième collaboration avec notre producteur, Xbofilms, après le court métrage Lettre de Femmes réalisé par Augusto Zanovello et C.O.D. et le coquelicot réalisé par Jeanne Paturle et Cécile Rousset.

Le film Moi j'attends réalisé par Claire l'an dernier, adapté du livre éponyme écrit par Davide Cali et illustré par Serge Bloch, a lui aussi été soutenu par France télé et diffusé sur les ondes de l'émission Histoire Courtes.

Iâhmès sera donc sur les écrans de la télévision hertzienne en 2016 !

En attendant, devenez adeptes ! Tous les dimanche à minuit vous pouvez profiter d'une belle sélection de courts métrages : http://www.france2.fr/emissions/histoires-courtes

Et pour (re)voir Moi j'attends, c'est ici :  http://www.dailymotion.com/video/x1ys334_moi-j-attends-court-metrage-d-animation_tv

2 avril 2015

Impressions

Les plaques de la première séquence du film sont terminées. On passe à l'impression des décors, sortez le savon de Marseille !

En raison de la taille importante de certains décors, Marine imprime sur une grande presse de gravure, en proche banlieue Lyonnaise, à Villeurbanne : l'atelier Vermillon.
C'est ici l'occasion de remercier les gens bienveillants qui nous ont aidés à trouver des ateliers de gravures ouverts à tous types de projets loufoques sur Lyon, Laurent G., Gilbert H., Matthieu F., etc.

L'atelier Vermillon avant d'être un atelier de gravure est un collectif de jeunes illustrateurs lyonnais, dynamiques et accueillants que Marine a rencontré suite à une intervention donnée à l'école Émile Cohl.

Voici comment l'encrage se déroule :





Les plaques de Marine s'impriment très classiquement, avec de l'encre de gravure, de la tarlatane, des journaux pour décharger l'encre et des mains (sales). Le principe est simple : faire pénétrer l'encre dans les creux et les dénivelés.






On dépose la plaque encrée sur la presse (imaginez une grosse machine à lasagnes), puis une feuille de papier humide dessus, enfin on rabat le lange de protection par dessus et on fait tourner la machine qui écrase tout ça.




On obtient un tirage, qu'on nommera aussi une estampe.
L'estampe sèche pendant quelques jours.

Et on recommence pour chaque image...

Toutes les images, des décors aux personnages du film, vont être réalisées de cette manière. Donc en plus du temps de fabrication des plaques, il faut compter le temps d'impression, ce qui n'est pas rien.

Vous savez tout !




19 mars 2015

Début de fabrication

Marine a commencé la fabrication des décors du film depuis le mois dernier.

Sa technique est un peu particulière, elle fait des assemblages et superpositions d'adhésifs sur des plaques rigides, sorte de plexiglas, de manière à obtenir un dessin en relief. Le relief ainsi obtenu est très léger, les différentes épaisseurs font quelques dixièmes de millimètre de hauteur seulement. Les plaques de plexiglas sont ensuite encrées et imprimées sous presse à la manière des gravures en taille-douce. C'est le principe de la "collagraphie", une technique d'impression de collage qui n'est pas à proprement parler de la gravure car le support plastique n'est pas buriné.

L'utilisation de cette technique, que Marine se réapproprie largement, appartient quand même au domaine de l'estampe.



Ici une belle collection d'adhésifs.

Outils assez invasifs, Marine en retrouve des morceaux régulièrement
dans son assiette, ses cheveux, ses fringues...

Une plaque scotchée vue en transparence.

Avec ces plaques, on peut également faire des ombres chinoises !
 
Bientôt le résultat imprimé à l'atelier !

25 février 2015

Une semaine à Lyon

Février 2015 : lancement de la production du film. Nous entrons dans la phase de fabrication.
Avant de commencer les images, nous nous retrouvons pour une semaine de travail en commun. Rendez-vous à Lyon, chez Marine. Au menu : état des lieux de l'animatique, dépouillement, planning, lancement du "layout" et skype avec notre producteur (en or). L'idée est d'évaluer pour chaque séquence plan par plan le travail à faire; du dessin à l'impression des plaques.

Après trois jours de travail sur un tableau gigantesque qui recense la moitié des plans du film et les différents éléments qui constituent ces plans (décors, personnages et accessoires) nous déterminons le planning de Marine pour qu'elle réalise les images. Pour le moment, nous partons sur la fabrication des décors d'un peu plus de la moitié du film. Nous ferons une deuxième session en mai pour les personnages et le reste des décors.

À droite sur l'image, notre tableau dit de "dépouillement"
certes, peu intéressant mais tellement important !
On imprime les plans de l'animatique à une échelle de travail
qui convient pour la fabrication des images.
Décors de la séquence 8
Un layout un peu moins propre...

Marine est en pleine forme ! Enfin l'heure de prendre nos crayons, la matière commence à remuer.

Grosso modo, le layout c'est le dessin préparatoire qui sert à fabriquer tous les éléments d'un même plan. En s'appuyant sur des recherches visuelles, sur le design des personnages et le design d'espace fait par Marine, on dessine pour chaque plan le décor, les personnages à l'échelle, les attitudes spéciales (si besoin) etc. On prévoit aussi les éléments à fabriquer séparément comme les accessoires ou les premiers plans pour pouvoir les placer plus librement au moment de l'animation.

Règles et équerres en poche (ok sur certaines images la règle n'était pas trèèès droite), Marine commence par travailler la séquence la plus dure pour se faire la main; réaliser une ville labyrinthique qui représente trente-cinq plans du film ! Un mois et une semaine de travail sont prévus pour ce faire... sans repos, adios week-ends !

11 février 2015

La Dévoreuse


La Grande Dévoreuse est difficile à designer avec ses proportions monstrueuses. Si on s'en tient aux descriptions qu'en fait le Livre des Morts, la mangeuse d'âmes a un arrière-train d’hippopotame, une tête de crocodile et des pattes avant de lion. Le monstre ainsi dessiné est effrayant, mais si on l'imagine animé, avec ses pattes arrières trop petites et celles de devant trop longues, ce corps en forme de triangle, elle serait grotesque, un peu comme un dahu...

Comment ne pas la rendre "bouffonne" malgré son énorme séant ? On a cherché un monstre magique, élégant et terrifiant, vu le rôle important qu'il tient dans le court métrage (non nous ne dévoilons rien de plus pour le moment.)

Marine accumule les recherches au Louvre, au British Museum, au Ägyptisches Museum, et les amis égypto s'en mêlent. C'est l'heure de faire des choix, il faut se tenir à un seul design et ne pas le modifier en cours de route.