19 mars 2015

Début de fabrication

Marine a commencé la fabrication des décors du film depuis le mois dernier.

Sa technique est un peu particulière, elle fait des assemblages et superpositions d'adhésifs sur des plaques rigides, sorte de plexiglas, de manière à obtenir un dessin en relief. Le relief ainsi obtenu est très léger, les différentes épaisseurs font quelques dixièmes de millimètre de hauteur seulement. Les plaques de plexiglas sont ensuite encrées et imprimées sous presse à la manière des gravures en taille-douce. C'est le principe de la "collagraphie", une technique d'impression de collage qui n'est pas à proprement parler de la gravure car le support plastique n'est pas buriné.

L'utilisation de cette technique, que Marine se réapproprie largement, appartient quand même au domaine de l'estampe.



Ici une belle collection d'adhésifs.

Outils assez invasifs, Marine en retrouve des morceaux régulièrement
dans son assiette, ses cheveux, ses fringues...

Une plaque scotchée vue en transparence.

Avec ces plaques, on peut également faire des ombres chinoises !
 
Bientôt le résultat imprimé à l'atelier !

25 février 2015

Une semaine à Lyon

Février 2015 : lancement de la production du film. Nous entrons dans la phase de fabrication.
Avant de commencer les images, nous nous retrouvons pour une semaine de travail en commun. Rendez-vous à Lyon, chez Marine. Au menu : état des lieux de l'animatique, dépouillement, planning, lancement du "layout" et skype avec notre producteur (en or). L'idée est d'évaluer pour chaque séquence plan par plan le travail à faire; du dessin à l'impression des plaques.

Après trois jours de travail sur un tableau gigantesque qui recense la moitié des plans du film et les différents éléments qui constituent ces plans (décors, personnages et accessoires) nous déterminons le planning de Marine pour qu'elle réalise les images. Pour le moment, nous partons sur la fabrication des décors d'un peu plus de la moitié du film. Nous ferons une deuxième session en mai pour les personnages et le reste des décors.

À droite sur l'image, notre tableau dit de "dépouillement"
certes, peu intéressant mais tellement important !
On imprime les plans de l'animatique à une échelle de travail
qui convient pour la fabrication des images.
Décors de la séquence 8
Un layout un peu moins propre...

Marine est en pleine forme ! Enfin l'heure de prendre nos crayons, la matière commence à remuer.

Grosso modo, le layout c'est le dessin préparatoire qui sert à fabriquer tous les éléments d'un même plan. En s'appuyant sur des recherches visuelles, sur le design des personnages et le design d'espace fait par Marine, on dessine pour chaque plan le décor, les personnages à l'échelle, les attitudes spéciales (si besoin) etc. On prévoit aussi les éléments à fabriquer séparément comme les accessoires ou les premiers plans pour pouvoir les placer plus librement au moment de l'animation.

Règles et équerres en poche (ok sur certaines images la règle n'était pas trèèès droite), Marine commence par travailler la séquence la plus dure pour se faire la main; réaliser une ville labyrinthique qui représente trente-cinq plans du film ! Un mois et une semaine de travail sont prévus pour ce faire... sans repos, adios week-ends !

11 février 2015

La Dévoreuse


La Grande Dévoreuse est difficile à designer avec ses proportions monstrueuses. Si on s'en tient aux descriptions qu'en fait le Livre des Morts, la mangeuse d'âmes a un arrière-train d’hippopotame, une tête de crocodile et des pattes avant de lion. Le monstre ainsi dessiné est effrayant, mais si on l'imagine animé, avec ses pattes arrières trop petites et celles de devant trop longues, ce corps en forme de triangle, elle serait grotesque, un peu comme un dahu...

Comment ne pas la rendre "bouffonne" malgré son énorme séant ? On a cherché un monstre magique, élégant et terrifiant, vu le rôle important qu'il tient dans le court métrage (non nous ne dévoilons rien de plus pour le moment.)

Marine accumule les recherches au Louvre, au British Museum, au Ägyptisches Museum, et les amis égypto s'en mêlent. C'est l'heure de faire des choix, il faut se tenir à un seul design et ne pas le modifier en cours de route.



31 janvier 2015

Mise en scène

L'une des étapes les plus importantes d'un film d'animation; la mise en scène, est réalisée dans l'ombre sous forme de storyboard et d'animatique. Il s'agit de définir les actions et les plans du film. Après un prédécoupage que nous réalisons ensemble, Claire travaille sur l'animatique.

L'animatique est montage vidéo du storyboard en plus détaillé : toutes les actions des personnages y figurent, les mouvements de caméra, les dialogues, certaines ambiances sonores nécessaires pour définir le rythme du film. Ainsi nous avons une vision de l'ensemble.
Si la première version est très proche du scénario, elle évolue rapidement.

Tout en conservant la trame de l'histoire, Claire modifie les actions des scènes afin d'être au plus proche de l'esprit et des ambiances écrites. La forme des scènes varie jusqu'à trouver une version qui transcrit le personnage de Iâhmès et son évolution telle que nous l'avions imaginé.

Un des multiples montages de l'animatique est réalisé avec le monteur Santi Minasi. Il nous apporte une vision fraîche et extérieure au projet !


8 juillet 2013

Extrait d'une minute

Juin 2013, nous sommes à la Ménagerie en compagnie de Cécile Milazzo, notre animatrice préférée.
C'est le moment d'éprouver sur un extrait précis notre technique d'animation : le papier découpé.
Les décors et les personnages sont imprimés sur papiers transparents puis répartis sur les différents niveaux d'un banc-titre rétroéclairé pour rendre un effet de profondeur.

C'est la lisibilité de l'image qui donne le plus de difficultés. Nous devons apprendre à la gérer. Il faut trouver des astuces rendre plus ou moins transparent les personnages, faire ressortir des éléments clairs au-dessus d'éléments sombres, cacher les articulations des pantins, etc.
Nous mettons au point une animation au feutre pour les yeux et la bouche des personnages afin de rendre l’ensemble plus vivant et expressif.

Cécile nous impressionne par le talent avec lequel elle anime, et la patience qu'elle conserve tout du long même dans cette technique éprouvante ! Vous pouvez d’ailleurs en découvrir plus sur son beau travail à l'adresse suivante : http://cargocollective.com/cecilemilazzo


Préparation des décors sur transparents
Mise en place des éléments sur le banc-titre
Cécile en train d'animer

Et l'extrait :




2 juillet 2012

Un producteur en or !

Luc Camilli de la société de production Xbo films rejoint le projet ! Nous aimons son approche de la production de court métrage, l'exigence visuelle et littéraire des projets qu'il porte. Il a produit notamment Lettres de Femmes de Augusto Zanovello, Plato de Léonard Cohen et le pilote de Fire Waltz de Marc Ménager et Mino Malan.

C'est le studio de La Ménagerie (situé à l'Usine, lieu création de la métropole de Toulouse, lieu énergique ou se côtoient animateurs, artistes plasticiens, comédiens, constructeurs pour le théâtre, etc.) qui accueillera le tournage.

Ensemble nous obtenons une aide du CNC pour avancer sur le développement du court métrage. Nous finalisons l'écriture et préparons la réalisation d'un extrait d'une minute qui permettra de mettre au point notre technique d'animation.

4 juin 2012

Premier test d'animation

Nous réalisons les tous premiers tests d'animation grâce à Jean-Louis Padis qui nous fait une petite place dans son studio à Asnière : le studio Manuel cam. Sylvain Derosne, animateur, travaille sur place et nous donne un sacré coup de mains niveau installations, câblages et banc-titre.
Cécile Milazzo qui connaît bien le projet anime pour la première fois Iâhmès !

Lors de ces premiers tests nous nous rendons compte de toute la complexité de l'animation des personnages transparents : la superposition d'un personnage sur un décor trop chargé ou trop foncé, ou encore la superposition de deux éléments complexes rend l'image illisible.

Aussi, nous prenons conscience que nous ne pourrons pas respecter le principe de l'aspectivité qu'à suivi Marine pour dessiner le premier design de Iâhmès. L'aspectivité c'est le code de représentation égyptien qui fait que la réalité n'est pas représentée telle qu'on la voit. Exemple : le fait d'avoir des personnages dont les bustes sont de face et les jambes, la tête et les bras de profil. Ce principe donnait au personnage une démarche trop marquée qui ne correspondait pas au style d'animation que nous imaginions pour le film.

Claire installe les niveaux de décors.
Cécile anime le premier plan,  Marine fait semblant de s'occuper.